Atatürk et le Génocide Culturel de la Turquie

Avec la suspension de l’Empire ottoman en 1924, Atatürk rendit un service inestimable aux Européens. Pour rassurer l’Occident à ses frontières avec le monde musulman, le nouveau dirigeant fit de son pays une dictature militaire strictement laïcarde et anti-islamique. L’Empire ottoman qui constituait initialement une zone tampon contre l’expansion chrétienne, se réduit à une Turquie qui sert désormais de corridor pour l’hégémonie des Occidentaux.

Une fois cet Empire effondré, la sécularisation de la nouvelle Turquie devait se faire à grande vitesse et à tous les niveaux de la société. Pour assurer un islam discret, on fit interdire l’appel à la prière en langue arabe et on transforma de nombreuses mosquées en églises.

Mustafa Kemal Atatürk s’efforça d’être plus laïc que la France et réprima brutalement toute personne ou mouvement qui s’opposait au déracinement culturel du pays. Les oulémas furent persécutés de manière atroce. Les corps de savants massacrés étaient par exemple suspendus aux arbres pour servir d’exemple.

Le mimétisme aveugle par lequel agissait le régime kémaliste pour calquer l’Occident atteignit des sommets d’abrutissement. En effet, le despote mit en place un comité chargé d’occidentaliser la prière musulmane. Les Turcs furent demandés de prier de la même façon que les chrétiens, sans génuflexion et sans prosternation. Cette proposition déclencha une réaction violente chez le peuple et le projet finit par être supprimé. 

Initialement une zone tampon contre l’expansion chrétienne, l’Empire ottoman se réduit à une Turquie qui sert de corridor pour l’hégémonie occidentale.

UNE COLONISATION INTERNE VIA L’ENSEIGNEMENT

Le processus de sécularisation intense enclenché par Atatürk fut accompagné d’une campagne de propagande massive au sein de l’enseignement national. En convertissant les nouvelles générations au laïcisme, il espérait pouvoir abolir l’Islam de manière définitive

Durant les années 1920, une infographie perfide fut imposée dans les écoles primaires pour expliquer les « réformes » de la nouvelle dictature. Ladite infographie (voir ci-dessous) fait preuve d’un manque d’originalité et d’une simplicité désobligeante du dirigeant « dönmien » 1 qui partageait pleinement la vision réductrice et si caricaturale de l’Islam des colons occidentaux 2.

DESCRIPTION DE L’INFOGRAPHIE

En haut de l’infographie apparait le titre de « Atatürk Devrimleri Köşesi » (littéralement : le coin des révolutions d’Atatürk), à gauche la tête du tyran laïc et à droite une femme turque au sein nu, censée représenter « la femme moderne ». Cette piètre réplique de la fameuse Marianne fut le symbole par lequel le régime arriéré souhaitait inculquer aux enfants l’idée que la femme serait libre une fois sa pudeur déchue.

En dessous du titre, l’infographie affiche huit images accompagnées, à chaque fois, de la légende « dün » (hier) et « bugün » (aujourd’hui). Le côté « dün » représente l’obscurantisme et la négativité de l’Empire ottoman et revêt une symbolique islamophobe. La partie « bugün » représente l’image idéale d’une Turquie laïque et occidentale. Voici la traduction des titres de chaque image suivie d’une mise en contexte:

IMAGE 1 : LA RÉVOLUTION DANS LE SYSTÈME JUDICIAIRE

La législation islamique fut remplacée par le droit civil suisse, le droit pénal italien et le droit commercial allemand. Les tribunaux islamiques furent abolis et la législation relative à l’héritage islamique entièrement annulée. L’image indique clairement le contraste entre le méchant juge barbu et les juges rasés et « civilisés » puisque parfaitement occidentalisés.


IMAGE 2 : LA RÉVOLUTION DU DROIT CIVIL TURC

Atatürk interdit la polygamie et le divorce. Il va même jusqu’à abolir le « waqf ». Ici, l’image de propagande reproduit le cliché de l’homme du passé, marié à deux femmes malheureuses, en l’opposant à l’homme occidentalisé qui n’a qu’une seule femme, bien entendu, heureuse.


IMAGE 3 : LA RÉVOLUTION DANS LA TENUE VESTIMENTAIRE

La culture occidentale fut présentée aux jeunes écoliers comme étant une quasi nouvelle révélation divine. La dictature laïque obligea d’enlever tout habit islamique et d’adopter une tenue vestimentaire européenne. On interdit le voile, le tarbouch, le turban… Tout homme refusant d’adapter son couvre-chef risquait la peine de mort

À travers cette illustration, l’Islam est à nouveau diabolisé ; la « famille sobre » d’hier contraste avec la « famille heureuse et occidentalisée » d’aujourd’hui.


IMAGE 4 : LA RÉVOLUTION DANS LES UNITÉS DE MESURE ET LE CALENDRIER

Atatürk interdit l’usage du calendrier musulman (hégirien) et le remplace par le calendrier grégorien. Les unités de mesure locales et le calcul du temps furent occidentalisés. À nouveau, le musulman « arriéré et barbu » est dessiné en opposition à l’« homme moderne imberbe ».


IMAGE 5 : LA RÉVOLUTION ALPHABÉTIQUE

La langue officielle de l’Empire, le turc ottoman, fut abolie par Atatürk qui fit adopter l’alphabet latin pour écrire le turc. Cela ratifiait une rupture radicale avec le passé. Sept cents ans de culture devinrent ainsi inaccessibles, en particulier dans le domaine de la littérature. Le peuple turc n’avait par exemple plus accès à l’œuvre géographique « Bahriye » 3 de Piri Reis (1465 – 1553) datant de 1521. Il en est de même pour la description du monde au dix-septième siècle décrit par l’explorateur Evliya Çelebi (1611–1682) 4. Celui-ci décrit, entre autres, la première tentative de vol d’Ahmet Çelebi qui aurait survolé le Bosphore.

À la demande d’Atatürk, un congrès fut organisé où l’on décida d’occidentaliser 13 650 mots arabes. Des formules de politesse telles que « basha » et « bik » devaient maintenant faire place pour « mister ». L’illustration parle d’elle-même.


IMAGE 6 : LA RÉVOLUTION ÉCONOMIQUE

L’image fait croire aux écoliers que sans l’occidentalisation, la Turquie restera à jamais un pays sous-développé où les paysans sont damnés à cultiver leurs terres avec des vaches. Rappelons qu’avec le soutien massif de l’Occident, il n’était pas difficile pour Atatürk de moderniser certains domaines de l’économie.


IMAGE 7 : LA RÉVOLUTION DANS L’ÉDUCATION ET LA VIE PUBLIQUE

Dans leurs colonies respectives, les colonisateurs anglais et français avaient supprimé l’enseignement islamique de manière directe. En Turquie, les puissances occidentales possédaient leur sous-traitant local qui se chargea de mettre fin à l’instruction de la religion. Atatürk interdit les écoles coraniques et supprime les sciences islamiques de l’enseignement institutionnel (de base). La religion devint une matière marginale n’ayant aucune influence sur les mentions obtenues par les élèves qui furent encouragés au libertinage et à la dépravation.

L’histoire des musulmans fut détournée et falsifiée. L’époque dorée des conquêtes islamiques (al-foutouhât) fut décrite comme une ère barbare ou « des bédouins sauvages issus du Sahara cherchaient à servir leurs intérêts personnels ».


IMAGE 8 : LA RÉVOLUTION MILITAIRE

Cette dernière illustration représente la glorification de la dictature militaire et barbare qui ne servait plus les intérêts de la Oumma, mais seulement la cause nationale d’Atatürk.

Il est tout à fait normal, après des décennies d’endoctrinement systématique de voir que beaucoup d’étudiants ont fini par détester l’Islam et vénèrent l’Occident. 

OCCIDENTALISATION, TYRANNIE ET HUMILIATION

Après avoir dirigé le monde musulman durant six siècles, l’Empire ottoman devint — du jour au lendemain — une nation laïque qui voudra abolir l’Islam dans sa totalité. 

Sous un dictateur inspiré par la Révolution française, la Turquie devint un modèle de perversité, de corruption et d’alcoolisme. En Europe, le pays est couvert de louanges, décrit comme un État de progrès, de renaissance et de modernité par les médias.

Pour l’Occident, l’expérience turque devait maintenant servir de modèle pour les autres pays islamiques « à civiliser ». Depuis l’ethnocide du peuple turc, le désir d’imposer la démocratie et la laïcité au monde musulman s’est intensifié et n’a cessé de se manifester.

La période postcoloniale nous a enseigné que plus les musulmans échangent la charia pour des constitutions occidentales, plus ils subiront la tyrannie, l’humiliation et une dépendance servile à l’égard des Occidentaux. Ayant constaté que la démocratie et ses fausses promesses n’ont fait que  dévaster la Oumma, les musulmans réalisent aujourd’hui qu’ils ne réussiront qu’à condition de renouer avec leur religion, leur culture et leurs lois.

UN RÊVE, UN ESPOIR, UN RETOUR

Le projet machiavélique d’Atatürk, malgré le soutien des plus grandes puissances mondiales, était néanmoins voué à l’échec. Sa politique cruelle d’acculturation forcée ne donne plus les résultats attendus, car aujourd’hui la lumière de l’Islam remplit à nouveau les foyers et les cœurs. Les médias occidentaux ont beau parler d’une « montée de l’islamisme » et d’une « radicalisation du peuple turc », le processus de dé-laïcisation est bel et bien entamé, n’en déplaise aux « fous de Marianne ».

Nombreux sont ceux qui estiment que cette nouvelle prise de conscience historique et religieuse permettra un jour au peuple turc de sortir des ténèbres de la sécularisation et de se détacher d’une culture exogène qui leur a été littéralement imposée sans pitié. Beaucoup parmi eux savent que le chemin est encore long et que l’éducation reste gravement déficiente, mais ils poursuivent désormais un rêve qu’on ne pourra plus leur enlever… 5



ANNEXE

Source : Mirjam Shatanawi, « Islam in beeld. Kunst en cultuur van moslims wereldwijd. » (2009), p. 160


Les colons européens ont expérimenté sur plusieurs générations d’écoliers dans le monde musulman. En Égypte, l’éducation fut dévastée à cause du narcissisme culturel de deux puissances mondiales qui se concurrençaient pour la conquête des cœurs d’enfants musulmans. La figure qui dirigea l’éducation coloniale fut un missionnaire écossais au nom de Douglas Dunlop (1861-1937). Il créa un réseau éducatif qui servait entièrement les intérêts de l’occupation britannique. Dunlop réussit à produire des générations successives d’étudiants qui allaient être farouchement attachés à la transformation sociale, culturelle et politique du pays. Cette étude historique prouve qu’au XXIe siècle, la machination de l’enseignement colonial est toujours de vigueur dans les pays du tiers monde ainsi que dans certains pays occidentaux où de nombreux musulmans d’Occident sont tombés victimes d’une double colonisation.

Les colons européens ont expérimenté sur plusieurs générations d’écoliers dans le monde musulman. En Égypte, l’éducation fut dévastée à cause du narcissisme culturel de deux puissances mondiales qui se concurrençaient pour la conquête des cœurs d’enfants musulmans. La figure qui dirigea l’éducation coloniale fut un missionnaire écossais au nom de Douglas Dunlop (1861-1937). Il créa un réseau éducatif qui servait entièrement les intérêts de l’occupation britannique. Dunlop réussit à produire des générations successives d’étudiants qui allaient être farouchement attachés à la transformation sociale, culturelle et politique du pays. Cette étude historique prouve qu’au XXIe siècle, la machination de l’enseignement colonial est toujours de vigueur dans les pays du tiers monde ainsi que dans certains pays occidentaux où de nombreux musulmans d’Occident sont tombés victimes d’une double colonisation.


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​​​​Les colons européens ont expérimenté sur plusieurs générations d’écoliers dans le monde musulman. En Égypte, l’éducation fut dévastée à cause du narcissisme culturel de deux puissances mondiales qui se concurrençaient pour la conquête des cœurs d’enfants musulmans. La figure qui dirigea l’éducation coloniale fut un missionnaire écossais au nom de Douglas Dunlop (1861-1937). Il créa un réseau éducatif qui servait entièrement les intérêts de l’occupation britannique. Dunlop réussit à produire des générations successives d’étudiants qui allaient être farouchement attachés à la transformation sociale, culturelle et politique du pays. Cette étude historique prouve qu’au XXIe siècle, la machination de l’enseignement colonial est toujours de vigueur dans les pays du tiers monde ainsi que dans certains pays occidentaux où de nombreux musulmans d’Occident sont tombés victimes d’une double colonisation.

Atatürk et le génocide culturel de la Turquie


Avec la suspension de l’Empire ottoman en 1924, Atatürk rendit un service inestimable aux Européens. Pour rassurer l’Occident à ses frontières avec le monde musulman, le nouveau dirigeant fit de son pays une dictature militaire strictement laïcarde et anti-islamique. L’Empire ottoman qui constituait initialement une zone tampon contre l’expansion chrétienne, se réduit à une Turquie qui sert désormais de corridor pour l’hégémonie des Occidentaux.


Une fois cet Empire effondré, la sécularisation de la nouvelle Turquie devait se faire à grande vitesse et à tous les niveaux de la société. Pour assurer un islam discret, on fit interdire l’appel à la prière en langue arabe et on transforma de nombreuses mosquées en églises.


Mustafa Kemal Atatürk s’efforça d’être plus laïc que la France et réprima brutalement toute personne ou mouvement qui s’opposait au déracinement culturel du pays. Les oulémas furent persécutés de manière atroce. Les corps de savants massacrés étaient par exemple suspendus aux arbres pour servir d’exemple.


Le mimétisme aveugle par lequel agissait le régime kémaliste pour calquer l’Occident atteignit des sommets d’abrutissement. En effet, le despote mit en place un comité chargé d’occidentaliser la prière musulmane. Les Turcs furent demandés de prier de la même façon que les chrétiens, sans génuflexion et sans prosternation. Cette proposition déclencha une réaction violente chez le peuple et le projet finit par être supprimé. 


Une colonisation interne via l’enseignement


Le processus de sécularisation intense enclenché par Atatürk fut accompagné d’une campagne de propagande massive au sein de l’enseignement national. En convertissant les nouvelles générations au laïcisme, il espérait pouvoir abolir l’Islam de manière définitive. 


Durant les années 1920, une infographie perfide fut imposée dans les écoles primaires pour expliquer les « réformes » de la nouvelle dictature. Ladite infographie 6 (voir plus bas) fait preuve d’un manque d’originalité et d’une simplicité désobligeante du dirigeant « dönmien » 7 qui partageait pleinement la vision réductrice et si caricaturale de l’Islam des colons occidentaux 8


DESCRIPTION DE L’INFOGRAPHIE


En haut de l’infographie apparait le titre de « Devrimleri Köşesi » (littéralement : le coin des révolutions d’Atatürk), à gauche la tête du tyran laïc et à droite une femme turque au sein nu, censée représenter « la femme moderne ». Cette piètre réplique de la fameuse Marianne fut le symbole par lequel le régime arriéré souhaitait inculquer aux enfants l’idée que la femme serait libre une fois sa pudeur déchue.


En dessous du titre, l’infographie affiche huit images accompagnées, à chaque fois, de la légende « dün » (hier) en « bugün » (aujourd’hui). Le côté « Dün » représente l’obscurantisme et la négativité de l’Empire ottoman et revêt une symbolique islamophobe. La partie « Bugün » représente l’image idéale d’une Turquie laïque et occidentale. 


Voici la traduction des titres de chaque image suivie d’une mise en contexte.


Image 1 : La révolution dans le système judiciaire


La législation islamique fut remplacée par le droit civil suisse, le droit pénal italien et le droit commercial allemand. Les tribunaux islamiques furent abolis et la législation relative à l’héritage islamique entièrement annulée. L’image indique clairement le contraste entre le méchant juge barbu et les juges rasés et « civilisés » puisque parfaitement occidentalisés.


Image 2 : La révolution du droit civil turc


Atatürk interdit la polygamie et le divorce. Il va même jusqu’à abolir le « waqf ». Ici, l’image de propagande reproduit le cliché de l’homme du passé, marié à deux femmes malheureuses, en l’opposant à l’homme occidentalisé qui n’a qu’une seule femme, bien entendu, heureuse.


Image 3 : La révolution dans la tenue vestimentaire


La culture occidentale fut présentée aux jeunes écoliers comme étant une quasi nouvelle révélation divine. La dictature laïque obligea d’enlever tout habit islamique et d’adopter une tenue vestimentaire européenne. On interdit le voile, le tarbouch, le turban… Tout homme refusant d’adapter son couvre-chef risquait la peine de mort. 


À travers cette illustration, l’Islam est à nouveau diabolisé ; la « famille sobre » d’hier contraste avec la « famille heureuse et occidentalisée » d’aujourd’hui.


Image 4 : La révolution dans les unités de mesure et le calendrier


Atatürk interdit l’usage du calendrier musulman (hégirien) et le remplace par le calendrier grégorien. Les unités de mesure locales et le calcul du temps furent occidentalisés. À nouveau, le musulman « arriéré et barbu » est dessiné en opposition à l’« homme moderne imberbe ».


Image 5 : La révolution alphabétique


La langue officielle de l’Empire, le turc ottoman, fut abolie par Atatürk qui fit adopter l’alphabet latin pour écrire le turc. Cela ratifiait une rupture radicale avec le passé. Sept cents ans de culture devinrent ainsi inaccessibles, en particulier dans le domaine de la littérature. Le peuple turc n’avait par exemple plus accès à l’œuvre géographique « Bahriye » 9 de Piri Reis (1465 – 1553) datant de 1521. Il en est de même pour la description du monde au dix-septième siècle décrit par l’explorateur Evliya Çelebi (1611–1682) 10. Celui-ci décrit, entre autres, la première tentative de vol d’Ahmet Çelebi qui aurait survolé le Bosphore.


À la demande d’Atatürk, un congrès fut organisé où l’on décida d’occidentaliser 13 650 mots arabes. Des formules de politesse telles que « basha » et « bik » devaient maintenant faire place pour « mister ». L’illustration parle d’elle-même.


Image 6 : La révolution économique


L’image fait croire aux écoliers que sans l’occidentalisation, la Turquie restera à jamais un pays sous-développé où les paysans sont damnés à cultiver leurs terres avec des vaches. Rappelons qu’avec le soutien massif de l’Occident, il n’était pas difficile pour Atatürk de moderniser certains domaines de l’économie.


Image 7 : La révolution dans l’éducation et la vie publique


Dans leurs colonies respectives, les colonisateurs anglais et français avaient supprimé l’enseignement islamique de manière directe. En Turquie, les puissances occidentales possédaient leur sous-traitant local qui se chargea de mettre fin à l’instruction de la religion. Atatürk interdit les écoles coraniques et supprime les sciences islamiques de l’enseignement institutionnel (de base). La religion devint une matière marginale n’ayant aucune influence sur les mentions obtenues par les élèves qui furent encouragés au libertinage et à la dépravation.


L’histoire des musulmans fut détournée et falsifiée. L’époque dorée des conquêtes islamiques (al-foutouhât) fut décrite comme une ère barbare ou « des bédouins sauvages issus du Sahara cherchaient à servir leurs intérêts personnels ».


Image 8 : La révolution militaire


Cette dernière illustration représente la glorification de la dictature militaire et barbare qui ne servait plus les intérêts de la Oumma, mais seulement la cause nationale d’Atatürk.


Il est tout à fait normal, après des décennies d’endoctrinement systématique de voir que beaucoup d’étudiants ont fini par détester l’Islam et vénèrent l’Occident. 


OCCIDENTALISATION, TYRANNIE ET HUMILIATION


Après avoir dirigé le monde musulman durant six siècles, l’Empire ottoman devint — du jour au lendemain — une nation laïque qui voudra abolir l’Islam dans sa totalité. 


Sous un dictateur inspiré par la Révolution française, la Turquie devint un modèle de perversité, de corruption et d’alcoolisme. En Europe, le pays est couvert de louanges, décrit comme un État de progrès, de renaissance et de modernité par les médias.


Pour l’Occident, l’expérience turque devait maintenant servir de modèle pour les autres pays islamiques « à civiliser ». Depuis l’ethnocide du peuple turc, le désir d’imposer la démocratie et la laïcité au monde musulman s’est intensifié et n’a cessé de se manifester.


La période postcoloniale nous a enseigné que plus les musulmans échangent la charia pour des constitutions occidentales, plus ils subiront la tyrannie, l’humiliation et une dépendance servile à l’égard des Occidentaux. Ayant constaté que la démocratie et ses fausses promesses n’ont fait que de dévaster la Oumma, les musulmans réalisent aujourd’hui qu’ils ne réussiront qu’à condition de renouer avec leur religion, leur culture et leurs lois.


UN RÊVE, UN ESPOIR, UN RETOUR


Le projet machiavélique d’Atatürk, malgré le soutien des plus grandes puissances mondiales, était néanmoins voué à l’échec. Sa politique cruelle d’acculturation forcée ne donne plus les résultats attendus, car aujourd’hui la lumière de l’Islam remplit à nouveau les foyers et les cœurs. Les médias occidentaux ont beau parler d’une « montée de l’islamisme » et d’une « radicalisation du peuple turc », le processus de dé-laïcisation est bel et bien entamé, n’en déplaise aux fous des valeurs matérialistes.


Nombreux sont ceux qui estiment que cette nouvelle prise de conscience historique et religieuse permettra un jour au peuple turc de sortir des ténèbres de la sécularisation et de se détacher d’une culture exogène qui leur a été littéralement imposée sans pitié. Beaucoup parmi eux savent que le chemin est encore long et que l’éducation reste gravement déficiente, mais ils poursuivent désormais un rêve qu’on ne pourra plus leur enlever… 11.


 



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Notes:

  1. Atatürk appartenait aux Dönmes, une minorité juive qui, au début du XIXe siècle, se convertit faussement à l’Islam après la conversion de leur « messie », le kabbaliste Sabbataï Tsevi. C’est pourquoi Atatürk est considéré comme un faux musulman (munâfiq).
  2. Atatürk ne possédait aucune connaissance de l’Islam qu’il considérait comme une invention ethnique. De même, il dit que le Messager Mohammed (Sallallahu ‘Aleyhi wa Sallam) fut un prophète pour les Arabes.
  3. Il s’agit d’un travail non négligeable contenant l’une des premières cartes de l’Amérique du Nord, voir : https://www.histoiredislam.com/la-decouverte-islamique-des-ameriques-23/.
  4. De son vrai nom, Mehmed Zilli, il notait tous des commentaires dans son « Seyahatname ».
  5. Sources : Lucas Catherine & Kareem El Hidjaazi, « Jihad et Colonialisme » et Abou ‘Ammar al-Houdhayfi « La réalité de la laïcité, une clarification brève des dangers d’une idéologie destructrice»
  6. Source : Mirjam Shatanawi, « Islam in beeld. Kunst en cultuur van moslims wereldwijd. » (2009), p. 160.
  7. Atatürk appartenait aux Dönmes, une minorité juive qui, au début du XIXe siècle, se convertit faussement à l’Islam après la conversion de leur « messie », le kabbaliste Sabbataï Tsevi. C’est pourquoi Atatürk est considéré comme un faux musulman (munâfiq).
  8. Atatürk ne possédait aucune connaissance de l’Islam qu’il considérait comme une invention ethnique. De même, il dit que le Messager Mohammed (Sallallahu ‘Aleyhi wa Sallam) fut un prophète pour les Arabes.
  9. Il s’agit d’un travail non négligeable contenant l’une des premières cartes de l’Amérique du Nord, voir : https://www.histoiredislam.com/la-decouverte-islamique-des-ameriques-23/.
  10. De son vrai nom, Mehmed Zilli, il notait tous des commentaires dans son « Seyahatname ».
  11. Sources : Lucas Catherine & Kareem El Hidjaazi, « Jihad et Colonialisme » et Abou ‘Ammar al-Houdhayfi « La réalité de la laïcité, une clarification brève des dangers d’une idéologie destructrice»

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Chercheur à l'Observatoire des Islamologues de France

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