Pourquoi le « nouvel antisémitisme » n’est ni nouveau ni antisémite

Sous couvert de dénoncer l’antisémitisme, plusieurs médias français ont, durant les deux derniers mois, déclenché une campagne diffamatoire ciblant la communauté musulmane.

Dans l’édition du Parisien apparue samedi 21 avril 2018, plus de 250 personnalités ont signé un manifeste contre le « nouvel antisémitisme » en France qui serait marqué par une « radicalisation islamiste ». Seulement, un ouvrage de l’intellectuel juif Norman Finkelstein publié en 2004 révèle que l’accusation du « nouvel antisémitisme » n’est pas si nouvelle

L’ABUS DE L’ACCUSATION D’ANTISÉMITISME

Ancien enseignant à l’université de New York, au Brooklyn College et à l’université DePaul, Norman Gary Finkelstein est aujourd’hui la bête noire de la AIPAC, le lobby israélien aux États-Unis. Son soutien à la cause palestinienne et son militantisme antisioniste lui ont attiré les foudres des médias. Ses recherches dérangent d’autant plus qu’il est lui-même juif et fils de survivants de l’Holocauste. Il est bien difficile de le taxer d’antisémite puisque des membres de sa famille ont péri dans les camps de concentration nazis. Le seul chef d’accusation que ses détracteurs lui trouvent aujourd’hui est qu’il serait « un Juif qui déteste son peuple » (a self-hating Jew).

Finkelstein est surtout connu pour l’ouvrage « The Holocaust Industry » dans lequel il établit que la Shoah est instrumentalisée à des fins politiques pour étouffer toute critique légitime de l’occupant israélien. Dans « Au-delà de Chutzpah : sur l’abus de l’antisémitisme et la manipulation de l’histoire »1, il décrit un autre aspect de cette instrumentalisation qui consiste à taxer de « nouvel antisémite » tout opposant à la colonisation en Palestine.

Avec la campagne médiatique du « nouvel antisémitisme », les victimes ne sont pas les enfants palestiniens, mais les colons juifs qui subissent « des critiques antisémites ».

L’astuce est très simple ; chaque fois qu’« Israël » subit une nouvelle pression internationale pour se retirer des territoires occupés de 1967, les apologistes de l’État colonial orchestrent une campagne médiatique qui vise à sensibiliser l’opinion publique contre une prétendue « nouvelle montée de l’antisémitisme dans le monde ». Les victimes ne sont pas les enfants palestiniens qui périssent sous des bombes de Tsahal, mais bien les colons juifs qui subiraient « des critiques antisémites ». L’accusation sert, toujours selon Finkelstein, à imposer un fardeau absurde au monde arabe dont on exige qu’il se débarrasse de son « antisémitisme ». En même temps, on allège le fardeau d’« Israël » afin qu’aucune pression ne soit exercée sur son armée meurtrière :

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À l’instar de l’Holocauste, le « nouvel antisémitisme » est devenu une arme idéologique pour détourner toute critique justifiée à l’encontre d’Israël. Dans son emploi actuel, l’expression du « nouvel antisémitisme », tout comme celui de la « guerre contre le terrorisme », sert de prétexte pour saper massivement le droit international et les droits de l’homme.

Norman Gary Finkelstein, « Beyond Chutzpah: On the Misuse of Anti-Semitism and the Abuse of History. 

Mais pour mieux comprendre tout ceci, revenons aux années 1970…

DÉBUT DE L’IMPOSTURE DU « NOUVEL ANTISÉMITISME »

Dans “Beyond Chutzpah… », Norman Finkelstein explique que depuis 1974, tout opposant à la colonisation juive en Palestine est taxé de « nouvel antisémite ».

La supercherie du nouvel antisémitisme — c’est en ces termes que le décrit Finkelstein — débute en 1974 lorsque deux dirigeants  de la ADL2 (Anti Defamation League) , publient un ouvrage intitulé « Le nouvel antisémitisme »(The New Anti-Semitism)3. L’objectif était de faire taire toutes critiques médiatiques et politiques après octobre 1973, moment où l’entité sioniste subit de nouvelles pressions pour se retirer du Sinaï et parvenir à un accord avec les Palestiniens. Les auteurs prétendaient alors que « cette hostilité contre Israël est au cœur du nouvel antisémitisme ».

Moins de dix ans plus tard, en 1982, un autre dirigeant de la ADL, Nathan Perlmutter, publie « Le vrai antisémitisme en Amérique » (The Real Anti-Semitism in America) dans lequel il accuse les États-Unis d’être envahis par un « nouvel antisémitisme ».

Alors qu’en 2003, les Palestiniens reprenaient leur élan de résistance, « Israël » mène une répression brutale de la révolte populaire. La cause palestinienne attirait l’attention de l’opinion publique et une vague de critiques surgissait aux quatre coins du monde. Des médias américains ont alors saisi l’occasion de lancer une grande campagne afin de dénoncer ce « nouvel antisémitisme ». Dans un autre ouvrage publié la même année et intitulé « Plus Jamais ? La menace du Nouvel antisémitisme » (Never Again ? The Threat of the New Anti-Semitism), le directeur national de la ADL Abraham Foxman déclare :

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Nous sommes actuellement confrontés à une menace pour la sécurité et la sûreté du peuple juif qui est aussi grave, voire pire, que celle à laquelle nous étions confrontés dans les années 1930.

Abraham Foxma, « Never Again ? The Threat of the New Anti-Semitism  » 

Ces propos ainsi que le concept entier du « nouvel antisémitisme » ont été fidèlement repris en 2018 dans le manifeste du Parisien qui déclare que « l’antisémitisme musulman est la plus grande menace qui pèse sur le monde de paix et de liberté… ».

En effet, les signataires du manifeste n’ont rien inventé, ils n’ont fait que recycler une stratégie de propagande sioniste vieille de 40 ans au moins...

UNE NOUVELLE ALLIANCE AVEC L’EXTRÊME DROITE

Les ouvrages fondateurs de la théorie du nouvel antisémitisme montrent beaucoup de similitudes avec le manifeste du Parisien. D’après Forster et Epstein : « la gauche radicale représente un danger pour les juifs dans le monde qui équivaut à celui de la droite ». Maintenant, comparez cette phrase avec celle qui est tirée du manifeste contre le « nouvel antisémitisme » du Parisien : « Parce qu’au vieil antisémitisme de l’extrême droite, s’ajoute l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des juifs en victimes de la société. » Voyez-vous, c’est presque du copié-collé. On parle, dans les deux cas, d’une gauche radicale trempée dans un nouvel antisémitisme. Il est d’ailleurs très probable que les rédacteurs du manifeste en France se soient inspirés de l’ouvrage précité.

Norman Finkelstein affirme à juste titre que l’accusation du nouvel antisémitisme est tout sauf « nouveau » et qu’il n’a rien à voir avec l’antisémitisme. Depuis le début des années 1980, les élites juives aux États-Unis se sont rapprochées de l’extrême droite dans le spectre politique. Ayant joint la cause sioniste, la droite n’est plus accusée d’antisémitisme comme ce fut le cas par le passé. Les rôles se sont inversés et ce sont maintenant les partis de gauche, pour leur soutien au peuple palestinien, qui deviennent les « nouveaux antisémites ». Il s’agit d’un modus vivendi clairement opportuniste dans lequel la politique d’occupation des sionistes bénéficie du soutien des racistes islamophobes de droite. Ces derniers, à leur tour, sont massivement soutenus par les sionistes dans leur lutte active contre l’islam et les musulmans pratiquants.

La supercherie du nouvel antisémitisme débuta en 1974 avec l’ouvrage « The New Anti-Semitism », publié par deux dirigeants de la ADL.

Cette nouvelle alliance entre sionisme et extrême droite n’a pas lieu qu’aux États-Unis. Après avoir déclaré qu’il n’y avait aucune distinction entre l’antisionisme et l’antisémitisme, Silvio Berlusconi reçut en 2003 le « Prix d’homme d’État distingué » par l’ADL. Le Premier ministre italien s’était alors attiré les éloges d’Abraham Foxman qui s’était exclamé : « En Europe, cet homme est la seule voix compréhensive et claire en soutien d’Israël ». 

Les organisations sionistes trouvent des alliés d’extrême droite dans un grand nombre de pays. Des personnages comme Jean-Marie Le Pen ou Jörg Haider (d’Autriche), pour n’en citer que deux, avaient déclaré qu’il fut important de « mener une cause commune avec les Juifs pour contenir les troubles déchaînés par l’afflux d’Arabes ». Main en main, racistes et sionistes alertent ainsi sur le danger du nouvel antisémitisme qui va de pair avec celui de la présence croissante des musulmans en Europe. Le sionisme et le racisme antimusulman s’unissent ainsi dans un même mouvement contre la gauche et les musulmans, tous les deux désignés comme « radicaux ». Aujourd’hui, c’est précisément ce scénario qui se répète en France4.

LE « NOUVEL ANTISÉMITISME » DES MINORITÉS DISCRIMINÉES

La seconde catégorie de personnes visées par les ouvrages du « nouvel antisémitisme » sont les Afro-Américains. « Plus Jamais ? La menace du Nouvel antisémitisme » (publié en 2003) contient un chapitre très inquiétant intitulé « La trouble alliance : la fracture entre les Afro-Américains et les Juifs ». L’auteur, Abraham Foxman, s’y focalise de manière obsessionnelle sur le pseudo nouvel antisémitisme chez les Noirs américains. Quant à l’ouvrage « Le vrai antisémitisme en Amérique » (1982), l’auteur tente d’y établir une escalade des hostilités afro-américaines contre les Juifs. Il dénonce l’absence d’un soutien uniforme pour « Israël » au sein de la communauté noire d’Amérique.

Dans "Never Again ?", Abraham Foxman se focalise de manière obsessionnelle sur le « nouvel antisémitisme » chez les Afro-Américains.

Une même stratégie fut adoptée dans « Le nouvel antisémitisme » (1974). L’auteur y cautionne la haine raciste de ses alliés d’extrême droite et déplore « l’antisémitisme dans la communauté afro-américaine »

Et devinez qui prend aujourd’hui la relève en France ? En effet, nos 250 signataires qui s’attaquent à la minorité musulmane. Ils visent bien entendu les musulmans pratiquants en les accusant de véhiculer un « nouvel antisémitisme » qui serait marqué par la « radicalisation islamiste ».

À vrai dire, ils visent surtout les activistes, prédicateurs et médias musulmans qui soutiennent le peuple palestinien et refusent de relayer la propagande sioniste. Comme ce sont eux qui condamnent le plus ouvertement la politique de colonisation en Palestine, ils doivent être réduits au silence. Si on les accuse d’antisémites, ainsi espèrent-ils, le massacre du peuple palestinien pourra continuer en silence sans faire trop de vagues.

Il s’agit de campagnes méticuleusement orchestrées dont le but principal n’est pas de lutter contre l’antisémitisme, mais plutôt d’exploiter la souffrance historique des Juifs afin d’immuniser Israël contre toute critique.

Les sionistes français suivent pas à pas leurs précurseurs américains et souhaitent voir les musulmans issus des banlieues françaises exprimer un soutien uniforme et unilatéral en faveur d’un État illégitime. Tant qu’ils ne céderont pas, ils demeureront la « preuve » de l’émergence du nouvel antisémitisme

« ONCLE TOM » ENTRETIENT LE MYTHE

Le stratagème du nouvel antisémitisme fut également véhiculé dans certaines universités américaines. En 1992, le président de Harvard, Lawrence Summers, avait dénoncé un prétendu nouvel antisémitisme sur les campus universitaires. En jouant la carte de l’antisémitisme, explique Finkelstein, Summers savait pertinemment que son université allait être rémunérée lors des collectes de fonds annuelles. Mais peu après, c’est le choc. Un professeur noir à Harvard au nom de Henry Louis Gates Jr. va rendre crédible l’absurde théorie du lobby sioniste américain. Il dénonce un antisémitisme au sein la communauté afro-américaine qu’il taxe de « nouvel antisémitisme noir ».

En France, les rédacteurs du manifeste n’ont pas trouvé de musulmans a minima cultivés et intègres pour appuyer leur libelle et sont donc allés chercher l'idiot du village, Hassan Chalghoumi.

Le 23 avril, deux jours après l’apparition du manifeste, trente « imams républicains » — peut-être sur conseil du gouvernement français — signent une tribune dans Le Monde pour dénoncer l’antisémitisme au sein de la communauté musulmane. Ils déclarent être « prêts à se mettre au service de notre pays ». Et c’est exactement ce qu’ils ont fait ; ils se sont dévoués au service de la campagne d’État anti musulmane pour cautionner un prétendu nouvel antisémitisme musulman. Ils approuvent ainsi les stéréotypes islamophobes véhiculés par le manifeste et contribuent à la stigmatisation des musulmans.

En tant qu’informateur autochtone, Tareq Oubrou cautionne les stéréotypes islamophobes. En organisant une exposition sur la Shoah dans sa mosquée, il crédibilise la thèse du « nouvel antisémitisme musulman ».

À la tête de cette tribune se trouve Tareq Oubrou, connu depuis longtemps pour combattre la visibilité des musulmans de France à la demande des élites islamophobes. 

Le 6 et 7 mai, deux semaines après la tribune dans Le Monde, il va encore plus loin et organise une exposition sur la Shoah dans sa mosquée. Oubrou cherche à combattre le « nouvel antisémitisme musulman » tout en refusant que le conflit qui oppose la Palestine à l’occupant juif soit importé en France.

Tareq Oubrou et Henry Louis Gates Jr. sont ce que les sociologues américains appellent des « informateurs autochtones » (native informants), c’est-à-dire des personnages qui sont rémunérés pour parler au nom d’une minorité dont ils n’ont aucun ou peu de soutien.

Également appelés « nègres de maisons » ou « Oncles Tom », ils obtiennent leur légitimité grâce aux médias et institutions étatiques qui souhaitent mettre en avant un visage arabe (ou noir) avec l’opinion d’un blanc aux opinions préconçues. Un informateur autochtone dit haut et fort ce que la plupart des gens veulent entendre au sujet de la minorité en question, et non pas ce que cette minorité pense réellement5.

Norman Finkelstein dénonce cette exploitation de certains collaborateurs par les élites : « Dénigrer de faibles citoyens — et surtout lorsqu’ils font partie de votre “espèce” — pour s’attirer les faveurs des puissants est ce que les élites appellent du “courage moral”. » 

LE MONDE SOUS EMPRISE DU « NOUVEL ANTISÉMITISME »

Toujours dans « Au-delà de Chutzpah… », Finkelstein explique comment de nombreux organisations et politiciens à travers le monde sont tombés victime de l’imposture du « nouvel antisémitisme ». Une centaine de preuves à l’appui, il démontre que cela prend souvent l’allure des « chasses aux sorcières » médiévales. En Allemagne par exemple, les apologistes d’« Israël » exploitent les horreurs du nazisme pour étouffer toute critique des dirigeants de l’entité sioniste. Régulièrement, l’opinion publique a été manipulée pour combattre « le fantôme du nouvel antisémitisme ».

En 1981, alors qu’« Israël » subit de nouvelles pressions pour parvenir à une solution de deux États avec les Palestiniens, « l’Union des juifs et des chrétiens » publie un manifeste intitulé « Sur le danger du nouvel antisémitisme ». Les auteurs avertissent : « les signes d’une reprise des hostilités antijuives sont actuellement en augmentation » et précisent que « derrière les critiques du gouvernement israélien se cache le vieil antisémitisme. »

En juin 2002, « Time Magazine » titre à sa Une : « L’antisémitisme, est-il à nouveau en marche ? » Et « Terrorisme : il faut plus de sécurité pour les États-Unis »

À une autre occasion, le lobby sioniste en Allemagne a déclaré : « l’ancienne tradition de la diabolisation des juifs a aujourd’hui été transférée à l’État d’Israël »6

Le raisonnement derrière l’allégation du « nouvel antisémitisme » est qu’« Israël » représente le « Juif parmi les nations » ou le « Juif du monde ». Comme c’est le cas, la critique d’« Israël » proviendrait de la même source empoisonnée que l’antisémitisme traditionnel et serait donc, par définition, antisémite. Et comme la dernière grande manifestation d’antisémitisme a atteint son apogée lors de l’Holocauste, « ceux qui critiquent actuellement Israël préparent un nouvel Holocauste ».

Au Royaume-Uni, une des preuves supposées de la remontée d’antisémitisme fut perçue dans les statistiques démontrant que de moins en moins d’Anglais étaient d’avis qu’« Israël devrait occuper la totalité ou la majeure partie du territoire qu’il avait occupé en juin 1967 ».

En Amérique latine, le « danger d’un nouvel antisémitisme » fut particulièrement « inquiétant » en Argentine où un porte-parole de la gauche appelait à « une paix juste [au Moyen-Orient] basée sur le retrait de l’armée de tous les territoires occupés. » Ses partisans, tous issus de la gauche radicale, proclamaient « le droit des Palestiniens à l’autodétermination »7

Comme ce fut le cas avec les théoriciens du « nouvel antisémitisme », les apologistes du sionisme ont simplement repris la représentation d’« Israël » en tant que victime juive (et collective) des préjugés antisémites.

Arrivé à ce stade, nous explique Norman Finkelstein, on peut facilement tomber dans l’exagération. La critique d’une armée qui massacre une population civile devient une critique du peuple juif alors que des organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch se trouveraient « au cœur de l’obscurité antisémite »…

COMBATTRE LE SIONISME POUR METTRE FIN À L’ANTISÉMITISME

L’occupation de la Palestine ainsi que le massacre et l’oppression brutale du peuple palestinien n’ont cessé de susciter répugnance et dégoût dans le monde. Il est donc légitime et parfaitement normal de ressentir une animosité à l’encontre de l’occupant sioniste au même titre qu’il fut normal, au siècle passé, de haïr le nazi.

Aux USA, le sionisme et le racisme antimusulman s’unissent depuis longtemps contre la gauche et les musulmans pratiquants. Aujourd’hui, ce scénario se répète en France.

Norman Finkelstein explique que la récente explosion de violence contre les juifs en Europe est le résultat d’un sentiment anti-israélien et non des sentiments antisémites ou anti-juifs traditionnels. S’il y a aujourd’hui une certaine animosité à l’égard des Juifs d’Europe ou qu’ils subissent des actes de violence de la part de « jeunes musulmans d’origine arabe », ce n’est pas parce que ces derniers sont antisémites, mais parce qu’ils s’identifient étroitement à la cause palestinienne.

C’est précisément cette relation causale que les apologistes israéliens nient en bloc. Si la politique d’occupation israélienne, et le soutien massivement répandu de la communauté juive pour celle-ci provoquent des hostilités envers les Juifs, cela signifie qu’« Israël » et ses partisans juifs suscitent eux-mêmes de l’antisémitisme. Et si c’est le cas, c’est parce qu’« Israël » et ses partisans juifs s’obstinent dans l’erreur et commettent de grands torts.

Le dogme de l’industrie de l’Holocauste rejette a priori cette hypothèse : l’animosité envers les juifs ne peut jamais naître des torts commis par les Juifs. L’erreur se trouve toujours chez les autres. Norman Finkelstein conclut son ouvrage en offrant une solution raisonnable : 

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Toutes les études ont révélé que l’animosité actuelle contre les Juifs coïncide avec la répression brutale des Palestiniens par Israël. L’approche la plus prudente, pour ne pas dire la plus morale, est alors de mettre fin à l’occupation. Un retrait complet de l’armée israélienne obstruera et exposera les véritables antisémites qui cherchent dans la politique israélienne un prétexte pour diaboliser les juifs. 

Norman Gary Finkelstein, « Beyond Chutzpah: On the Misuse of Anti-Semitism and the Abuse of History. 

Pour combattre l’antisémitisme, Finkelstein estime qu’il faut simplement tout mettre en œuvre pour mettre fin à l’occupation de la Palestine

Son ouvrage sur l’origine historique du « nouvel antisémitisme » de 2004 s’avère aujourd’hui très utile pour démasquer les médias français qui exploitent cette imposture venue des États-Unis contre les musulmans de France

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❯❯ ARTICLE 1: GAZA: S’il y a des « islamistes », ne devrait-il pas y avoir de « judaïstes » ? 

❯❯ ARTICLE 2: Le peuple palestinien, victime collatérale de la Shoah ?  

❯❯ ARTICLE 3: Prophétie d’une Conquête de la Palestine

❯❯ ARTICLE 4: Pourquoi la Oumma n’a pas pu secourir la Palestine...

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Notes:

  1. « Beyond Chutzpah, On the Misuse of Anti-Semitism and the Abuse of History ».
  2. Il s’agit de Arnold Forster et Benjamin R. Epstein.
  3. La ADL est l’équivalent américain de la LICRA, mais encore un peu plus islamophobe.
  4. Il suffit de regarder qui sont les signataires du manifeste pour comprendre que le sionisme et islamophobie se marient à merveille : Élisabeth Badinter, Georges Bensoussan, Jeannette Bougrab, Pascal Bruckner, Éric Ciotti, Vernard de La Villardiere, Michel Drucker, Christian Estrosi, Alain Finkielkraut, Lydia Guirous, Frédéric Haziza, Bernard-Henri Levy, Nicolas Sarkozy, Manuel Valls, Laurent Wauquiez…
  5. En France, l’informateur autochtone est souvent venu du bled pour obtenir des papiers et une vie plus confortable. S’il arrive suffisamment à stigmatiser sa propre communauté, il est décoré d’une Légion d’Honneur. Récemment, le Grand rabbin de France, Haïm Korsia, a proposé à  Emmanuel Macron de désigner Tareq Oubrou « Grand imam de France ».
  6. Werner Bergmann and Juliane Wetzel, “Manifestations of anti-Semitism in the European Union.”
  7. Arnold Forster et Benjamin R. Epstein, « The New Anti-Semitism. »

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Chercheur à l'Observatoire des Islamologues de France

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